INTERVIEW : Wallace : « Un adorateur est celui qui offre à Dieu en sacrifice tout ce qu’il est et tout ce qu’il a ».

Dans une interview accordée à Lavoixdeceluiquicrie l’un des référents de l’Eglise de Libreville au Gabon, prénommé Wallace, revient sur l’origine de l’adoration, la manière d’adorer Dieu et l’attitude des vrais adorateurs. 

La voixdeceluiquicrie : Beaucoup de chrétiens considèrent l’adoration comme étant le fait de chanter avec un rythme plus lent, qu’en dites-vous ?

Wallace : L’adoration n’a rien à voir avec ce que pense l’opinion générale. Et lorsqu’on évoque ce thème de l’écriture, beaucoup de personnes se référent le plus souvent au chant et à la louange. Mais si nous revenons aux écritures notamment à l’origine, nous comprenons qu’il n’est nullement question du chant et de la louange. Je nous invite à repartir à l’origine dans le jardin d’Eden pour comprendre ce thème.

Il est vrai que la première fois où la bible fait mention de l’adoration c’est avec le patriarche Abraham dans Genèse 22. Toutefois avant de développer l’histoire d’Abraham, on doit chercher à savoir comment le premier homme faisait-il pour adorer ? Quel genre de relation avait-il avec Dieu ? Et quand nous nous référons au livre de Genèse au chapitre 2, nous ne voyons pas d’instruments de musique dans le jardin d’Eden à l’instar de luth, guitare basse ou batterie quoiqu’Adam fût un adorateur : car il adorait Dieu tous les jours par la soumission aux exigences du Seigneur et sa parole.

Mais quand il a désobéi à la parole de Dieu, il est simplement sorti de l’adoration. Cela lui a coûté très cher ; la preuve est qu’il s’est retrouvé nu, dépourvu de la gloire et la présence de Dieu. L’adoration avec Adam renvoie à « l’obéissance ».

Pour revenir à Abraham, Genèse au chapitre 22 nous parle de l’histoire d’Abraham qui était un prophète choisi de Dieu pour devenir le père de toutes les familles de la terre. Dans ce livre, nous voyons Dieu se révéler à Abraham en lui demandant de lui offrir son fils unique en sacrifice, et Dieu précise : « celui que tu aimes ». Ce dernier va obéir au Seigneur en se rendant sur le mont Morija accompagné de ses serviteurs. Au verset 5 de ce chapitre il est dit : « Et Abraham dit à  ses serviteurs : restez ici avec l’âne ; moi et l’enfant nous irons jusque là pour adorer, après quoi nous reviendrons auprès de vous. Abraham prit le bois de l’holocauste et le mit sur Isaac, son fils, et prit le feu dans sa main, et un couteau ; et ils s’en allèrent tous deux ensemble ».

Dans ce texte, nous voyons d’emblée qu’Abraham a obéi  à l’ordre que Dieu lui avait donné, c’est-à-dire celui de sacrifier son fils Isaac. Rappelons-nous qu’Isaac était le fils de la promesse que Dieu avait promis à ce patriarche. Il avait persévéré pendant près de 25 ans pour avoir cet enfant.

En lisant ce texte, nous constatons que le chant et la musique n’apparaissent nullement au cours de cette adoration. Mais nous voyons plus l’obéissance suite à un ordre que Dieu donne à son serviteur. A partir de cet exemple la première définition de l’adoration est tout simplement « l’obéissance à la parole de Dieu ». Un adorateur est celui qui obéit à l’ordre de Dieu (ou la soumission à la parole de Dieu sans raisonner ou calculer. Et pour le cas d’Abraham la bible enseigne qu’il a pris l’enfant, le bois et le feu pour aller bâtir un autel afin d’offrir son fils en holocauste. Ici, cela nous renvoie au sacrifice, par conséquent l’adoration est aussi assimilée au sacrifice que nous sommes appelés à faire devant le Seigneur tous les jours. Pour Abraham il était question de sacrifier son fils Isaac mais lorsque nous poursuivons la lecture on voit qu’Isaac n’a jamais été sacrifié parce qu’en fait Dieu avait pourvu lui-même en donnant un agneau. A partir de ce modèle d’adoration, nous comprenons qu’un adorateur est celui qui est prêt à offrir en sacrifice tout ce qu’il a, tout ce qu’il est. Il s’agit de toute sa vie. Je tiens à préciser que ce sacrifice n’a rien à voir d’abord avec l’argent ou les choses matérielles. Le terme sacrifice renvoie au fait d’offrir sa vie. Pour adorer il faut simplement être dans l’obéissance et la soumission à la parole du Seigneur.

Lavoixdeceluiquicrie : Eu regard de cette définition, quel lien peut-il y avoir entre le chant et l’adoration ?

Wallace : C’est une question très importante. Rappelez-vous que dans la loi, le sacrificateur offrait autant les sacrifices que les offrandes, les parfums, etc. Il rendait un culte en offrant ces différents types d’offrandes à Dieu. Dans la nouvelle alliance, ces sacrifices symbolisent les chrétiens selon le livre de Romains au chapitre 12, et le parfum c’est la prière dans Apocalypse 5 :8. A partir de cela nous comprenons que le chrétien peut adorer Dieu par sa vie en renonçant tous les jours aux convoitises et passions de la chair. Il peut également le faire en offrant des chants, louanges, ses libéralités et dons. Pour soutenir ces explications je vous invite à lire, Hébreux 13 :15, Éphésiens 5 :1-2, Philippiens 4 :18. Le chant peut être considéré comme une offrande avec laquelle nous pouvons adorer Dieu. On utilise le chant pour adorer mais le chant n’est pas l’adoration. Mais les chants, louanges et autres doivent être le résultat de notre vie sanctifiée et consacrée au Seigneur. Donc le premier niveau de l’adoration est le sacrifice de notre vie qui correspond au renoncement totale des œuvres de la chair. Ce qui passe par la pratique de la parole de Dieu et la recherche sans relâche de la sainteté. Et le second niveau est le fait d’offrir à Dieu tout ce que nous possédons.

Lavoixdeceluiquicrie : En se référant au livre de Jean chapitre 4 :23, à quoi Jésus fait-il allusion lorsqu’il parle des vrais adorateurs ?

Wallace : Le passage de Jean 4 :23 où jésus rencontre la femme samaritaine est un texte important dans le thème que nous développons parce qu’il est justement question ici des vrais adorateurs. Dans ce texte,  l’écriture montre que Dieu cherche les vrais adorateurs. Ce qui sous-entend qu’il y a aussi des faux adorateurs parmi les enfants de Dieu. Selon les écritures un adorateur est un sacrificateur ou prêtre. Pour cela il est constamment appelé à offrir à Dieu sa vie comme un sacrifice vivant saint et agréable  comme l’indique Romains 12 :1 : « je vous exhorte donc, mes frères par les compassions de Dieu, à offrir vos corps en sacrifice vivant, saint et agréable à Dieu, ce qui est votre culte raisonnable ». Le corps renvoie ici à notre être tout entier, c’est notre corps, âme et esprit.

Mais seulement comme Abraham nous devons offrir notre vie sur l’autel. Et nous savons que l’autel c’est l’image de la croix ou la souffrance que doit endurer le chrétien à cause de sa foi. Dans ce sens un adorateur est celui qui est prêt à porter chaque jour sa croix en suivant Jésus tous les jours de sa vie. Porter la croix est le fait d’accepter les souffrances liées à la vie chrétienne. Il n’est pas d’abord question de celui qui chante. Par exemple lorsque Dieu demande à un vrai adorateur d’abandonner quelque chose qui nuit à son âme, il obéit. Il ne résiste pas à Dieu lorsqu’il lui demande de rompre avec les mauvaises compagnies, un mauvais comportement ou caractère, une relation amoureuse  illicite. Ce qui n’est pas le cas pour les faux adorateurs. Ils ne sont pas prêts à renoncer aux passions de leur chair, leur volonté propre (âme), esprit (intelligence, pensées, mentalités). Dans cet état ils ne se gênent pas de porter sur la place public le nom de chrétien.

Propos recueillis par D.B

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