La dot

La définition

De son étymologie MOHAR en Hébreux : prix d’achat d’une épouse, argent de noces, cadeaux qu’on fait aux parents dont on épouse la fille, la dot est au fil des temps devenue une exigence pour le déroulement du mariage. D’actualité dans certaines sociétés telles africaines, asiatiques et sud-américaines, la dot a été dénaturée et même galvaudée au point de devenir une cérémonie traditionnelle culturelle voire ; un commerce d’âmes d’hommes (ou de femmes en particulier en Afrique et en Amérique du sud).

Origine de la dot (Genèse 34)

Expression d’origine cananéenne, elle est utilisée pour la première fois dans la Parole de Dieu dans le livre de Genèse au chapitre 34. Jacob après son exil chez son oncle Laban, rejoins Canaan, territoire promis à Abraham et sa postérité (Genèse 15). C’est après son exil qu’il va s’installer dans cette ville, et un jour sa fille Dina effectuera une visite aux filles du pays. C’est alors que surviendra le scandale. Elle va littéralement être violée par Sichem « Elle fut aperçue de Sichem, fils de Hamor, le Hévien, prince du pays. Il l’enleva et coucha avec elle, et la déshonora.» C’est alors suite au viol et aux désirs de Sichem d’épouser Dina, qu’il dira :

« Exiger de moi une forte dot[1] et beaucoup de présents[2] que vous voudrez, et je les donnerai comme vous me diriez, et donnez-moi la jeune fille pour femme » (Genèse 34 :12). Nous retenons dans ce passage que Sichem, Hévien et prince païen  est le premier à avoir utilisé l’expression « Dot » dans la Bible et que ce prince et son père, le roi Hmor, lors de leur entretien avec Jacob proposaient  à ce dernier de leur exiger un prix d’achat très élevé pour acquérir Dina.

Je voudrais relever une autre expression : « PRESENTS » qui vient de MATTAN en Hébreux et signifie dons, offrandes, présents. Littéralement Hamor et Sichem sont allés voir Jacob pour lui dire de leur exiger un prix d’achat très fort de Dina et beaucoup d’offrandes ou de dons pour prendre cette fille conformément aux traditions et coutumes cananéennes.

 

Cas d’Abraham

Pour justifier cette pratique dans les églises chrétiennes et dans d’autres milieux, beaucoup de gens se réfèrent au mariage d’Isaac et de Rebecca (Gen. 24) et soutiennent que le serviteur d’Abraham aurait donné la dot. Mais qu’en est-il de l’enseignement réel de la Bible ?

  • Eliezer, serviteur d’Abraham va chercher une femme dans la parenté d’Abraham et non une païenne ou une étrangère. (v3)
  • Eliezer a pris 10 chameaux parmi ceux de son chef, il n’a reçu aucune liste ni proposition de Rebecca, ni de la famille de Rebecca.
  • Première personne à recevoir les présents c’est Rebecca elle-même (v22) : 01 anneau d’or, 02 bracelets.
  • V51 : Laban (frère) et Bethuel (père de Rebecca) dirent : Voici Rebecca est devant toi, prend-la et va, et qu’elle soit la femme du fils de ton seigneur, comme Yahweh l’a dit. Il y a eu accord de mariage sans don d’argent ni de présents aux parents.
  • Et le serviteur sortit des objets d’argent et d’or et des vêtements et les donna à Rebecca. Il donna aussi de riches présents à son frère et à sa mère.
  • Les bénéficiaires : Rebecca elle-même, son frère et sa mère. Les présents n’ont pas été exigés par la famille de la femme comme nous le voyons aujourd’hui.
  • Dans ce passage nous ne voyons nullement le mot dot dans ce mariage.

Cas de Jacob

Après les soucis de Jacob avec son frère Esaü, Jacob va s’exiler chez Laban son oncle et après un certain temps, (Genèse 29 :15) Laban dit à Jacob : « Me serviras-tu pour rien parce que tu es mon frère ? Dis-moi quel sera ton salaire ?». Dans cet entretien je voudrais relever que le mariage n’a pas été soulevé par Laban, donc prendre cette histoire pour justifier la dot ne tient pas. Laban était gêné que son neveu travaille chez lui pendant tout ce temps sans qu’il ne reçoive un salaire, car dans sa culture l’ouvrier mérite son salaire.

  • Jacob lui-même est le premier à parler du mariage (Genèse 29 :18) « Jacob aimait Rachel, et dit je te servirai sept ans pour Rachel, ta cadette ». C’est Jacob qui parle des modalités d’acquisition de Rachel et le temps de l’accomplissement de celle-ci.
  • V21 et Jacob dit à Laban : «Donne-moi ma femme, car mon temps est accompli et j’irai vers elle.» Dans la suite, nous voyons Laban organiser un festin pour la cérémonie contrairement aux mariages dans les familles aujourd’hui. Car ici c’est la famille de la jeune mariée qui organisa une fête.

La dot selon son origine est une cérémonie pendant laquelle l’on assiste à l’achat ou la vente d’une femme. Etant chrétien, il sera contraire à la foi de prendre part à ce type d’événement En voici une illustration :

« Alors Rachel et Léa lui répondirent et dirent : avons-nous encore quelque portion et quelque héritage dans la maison de notre père ? Ne nous a-t-il pas traitées comme des étrangères ? Car il nous a vendues et même il a mangé, il a mangé notre argent ». Gen. 31 :14-15. C’est désolant que nos sœurs soient vendues comme des objets par leurs propres parents. Il est temps de se repentir ; c’est une interpellation du Seigneur. Parents chrétiens et autres personnes, arrêtons ce honteux commerce d’âmes d’Hommes.

Selon la loi de Moise (Torah).

En souvenir de la situation vécu par Dina fille de Jacob, Yahweh via la loi de Moise a voulu simplement règlementé sinon régir les cas de viol qui surviendrait en Israël. Pourquoi ? Parce qu’en Israël lorsqu’une jeune fille perdait sa virginité elle ne pouvait plus se marier. Donc la virginité qui est une image de la sainteté est primordiale et nécessaire aussi maintenant pour la vie du chrétien. Et l’auteur de l’épître aux Hébreux dit que : sans la sanctification personne ne peux voir le Seigneur (Hébreux 12 :14).

Loi sociale. (Ex. 22 :16-17  Deut. 22 :13-28).

  • 22 :13-19 si après le mariage le mari répand une mauvaise réputation sur sa femme (vierge d’Israël) il devra s’acquitter d’une amende après les preuves que les parents de la fille fourniraient aux anciens de la ville. Ici le mot amende signifie mettre à l’amende, punir, condamner, frapper d’une amende. Un tel mari en Israël mérite un châtiment. v18.
  • 22:20-21 si les accusations du mari étaient fondées, la femme était condamnée à mort par lapidation car elle aurait commis une infamie en se prostituant dans la maison de son père.
  • 22 :23-24 Cas d’une jeune fiancée qui consens de coucher avec un homme dans la ville, l’homme et la jeune fille étaient coupables et donc condamnés à mort par lapidation.
  • 22 :25-27 viol d’une jeune fiancée dans un Champs, l’homme seul était coupable et donc condamné à mort.
  • 22 :28-29 viol d’une jeune vierge non fiancée, l’homme qui aura commit une tel acte payera la dot des vierges (Exode 22 :16-17) et l’épousera obligatoirement si son père le consens car elle ne pourra plus devenir la femme d’un autre et tant qu’il vivra, il ne pourra pas la répudier.
  • En effet chez les Hébreux, depuis que la loi de Moïse a été promulguée, quand on parle de dot, c’est qu’il y a eu obligatoirement viol d’une vierge non fiancée.

Dans chacun des cas expliqués ici dans la loi en Israël, il est nécessaire de relever le caractère social de celle-ci. Cette loi civile ou sociale régissait le fonctionnement de cette nation. De nos jours, ce n’est plus d’actualité. En effet, en cas de viol, le responsable devra être traduit en justice pour répondre de ses actes. Car le viol est un crime réprimé par la loi quel que soit le pays. Il n’y aura pas d’application des passages de Deutéronome ou d’Exode, mais le présumé coupable sera traduit en justice pour répondre devant la loi.

Doit-on encore payer la dot ?

A cette question la réponse est NON. Pourquoi ? Parce que la dot signifie le prix d’achat d’une épouse. C’est une pratique qui est contraire à la Parole de Dieu 1 Corinth. 6 :20 « car vous avez été achetés à un grand prix… ». Il est question ici du sacrifice de Jésus-Christ. (Lire Matthieu 27 et Jean 19).

Payer la dot, c’est annuler le sacrifice de Jésus à la croix. C’est tout comme si on disait à Jésus tu n’as pas pu payer le prix de cette femme, moi et ma famille allons le faire. Et ceux qui reçoivent ces sommes d’argent et ces présents sont aussi coupables que les fournisseurs desdites sommes.

Apoc.18 :11-13 « les marchands de la terre aussi pleureront et seront dans le deuil….des brebis, des chevaux, des chars des esclaves, et des âmes d’hommes».  Ce passage dit clairement que ce sont des marchands d’âmes d’hommes. C’est de la criminalité et une abomination devant le Seigneur le fait de doter une femme. Celui qui prend part à cette pratique agit comme celui qui pratique le sacrifie humain communément appelé (au Gabon) crime rituel.

Déroulement de la dot ou mariage traditionnel.

  • Fiançailles ou les présentations (Gabon).

Le jeune homme va rencontrer la famille de la fille avec des marchandises et une enveloppe d’argent. Pagnes, liqueurs, bières et une somme d’argent. En retour, cette famille promet lui remettre une liste des marchandises à fournir lors de la dot et une somme pour la vente de la fille.

  • Cérémonie de la dot.

Arrivée des invités et début de la célébration de la dot. Les orateurs entament les négociations de la vente. Il y a aussi les « échanges » avec les ancêtres (incantations-culte aux démons), tout se fait comme dans une initiation à un rite traditionnel (mvet, bwiti, ndjembe, ndjobi, mouiri…).

Déjà, il y a des mensonges sur l’arrivée de la fille. On parle souvent de vol, de braquage et d’hospitalisation, d’adultère avec son grand-père car la fille serait l’épouse de ce dernier etc. Faisons attention, car  c’est  là que proviennent les démons de femmes et maris de nuit sans oublier les esprits d’inceste. Ensuite, l’orateur déroule la liste jusqu’au dernier produit : fusil de chasse, congélateurs, matelas, costumes, poissons salés, liqueurs, etc. Et pour tout couronner, une somme de 1.000.000 FCFA voire plus en espèces, à contrôler par le responsable de la famille.

Après cette vente, les parents de la fille vont remettre officiellement la fille à son mari et ils vont parfois jusqu’à dire « Ne revient plus jamais chez nous tu appartiens maintenant à la famille de ton mari. » Alors continuerons-nous encore à vendre nos sœurs et filles ? Nous disons NON.

Que toute la gloire et l’honneur revienne à Jésus-Christ qui a vaincu les traditions des hommes. Matthieu 15 et Jérémie 10.

[1] Dot (Mohar en hébreux): prix d’achat d’une épouse

[2] Présents (mattan  en hébreux) : dons, offrandes, présents

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